Swans

(Rock Experimental / USA)

Le Cygne de New York n’en fini plus de crier !

Depuis leur reformation en 2010 et la quadrilogie (« My Father Will Guide Me Up a Rope to the Sky », « The Seer », « To Be Kind », « The Glowing Man »), la formation SWANS du maître à jouer Michael GIRA, s’est lancée dans un cycle infernal de « non ending tour » alterné avec l’enregistrement de ces épopées, comme autant de photographies sonores.

SWANS a toujours fait figure de projet « anormal » sur la cartographie des musiques qui comptent. Instigateur de cette folie No Wave qui envahit New-York au début des années 80, SWANS constitue l’un des piliers de cette scène sauvage aux cotés de PUSSY GALORE, BIG BLACK, DNA, FOETUS, COP SHOOT COP voire SONIC YOUTH.

Déjà dans ces années No Future, les prestations scéniques de SWANS étaient considérées comme les plus intenses qui puissent exister, médusant un public qui s’étoffe pourtant années après années. L’exigence de Michael GIRA n’est un mythe pour personne et surtout pas pour ses collaborateurs: SWANS devient un véritable creuset où se croisent les musiciens les plus émérites, les plus aventureux (par exemple: Roli MOSIMAN qui collabora avec THE THE ou FAITH NO MORE, Jonathan KANE proche de Gary LUCAS ou Rhys CHATHAM, Vincent SIGNORELLI batteur sauvage d’UNSANE et OF CABBAGES & KINGS et bien sur l’égérie féminine de Michael, sa femme d’alors JARBOE)

La pause relative que s’accorde Michael GIRA dans les années 90 lui permettra de divaguer en mode acoustique sur des projets plus habités mais pas moins apaisés comme Angels of Lights. Il développe alors son propre label Young Gods records avec une incroyable intuition artistique, révélant entre autre le songwritter à plume Devendra BANHART, les volubiles AKRON/FAMILY ou relançant la précieuse Lisa GERMANO.

2010 sonne donc le retour de la révolte, le rugissement des amplis en série, les percussions vibrillonantes et massives, les concerts fleuves de près de 2h30, les tournées incessantes comme pour mieux maitriser le temps qui file malgré tout.

Pour accompagner le dernier né « The Glowing Man », Michael Gira a aussi décrété une fin de cycle pour les SWANS et initié son re-questionnement comme s’il craignait de sombrer dans une improbable facilité. Pourtant SWANS ne sera jamais un projet comme les autres et demeure un symbole de densité artistique face à la vacuité du monde pas forcément musical.

Dread Sovereign

Dead Congregation

Lust For Death